
Initialement, les Confins sont une province rattachée à l’Urb, sur la rive droite du fleuve Elium, dépendance autonome du vieil empire, gouverné par un préfet depuis la capitale administrative de Talalny. On y produit, quand on y travaille, des agrumes et du blé en quantité qui part à l’exportation par l’unique port fluvial, le Bourg. Les Confins apparaissent ainsi pour les profanes comme une paisible colonie agricole servant de grenier à blé à l’Urb. Seulement, cela est partiellement vrai et, si on note d’immenses domaines agricoles où travaillent des milliers de serfs sous le regard vigilant de la noblesse propriétaire, il ne faut pas oublier que les Confins sont aussi une terre d’exil où tout les mécontents du moment, les utopistes en rupture de ban, les idéalistes névrosés fondent des villages autonomes. À cela, il faut ajouter les nombreuses sectes et autres confréries dont l’une des plus connues, les Dos Carré, y possède leur commanderie principale.

Faut-il garder les Confins ou bien se replier sur le noyau central de notre état et jouir des richesses du monde au lieu de les dépenser dans d’inutiles opérations de police ou dans de vaines entreprises de colonisation ? Ce débat d’une puissance vieillissante prit tout son sens dans le cas des Confins et l’on vit deux factions s’opposer vigoureusement sur le destin de la Grande Nation. Les conservateurs nostalgiques de l’empire agitaient les mythes fondateurs de leur cité ; les Modernes jetaient en pâture au peuple les sommes que l’on perdaient dans ce terrible fardeau. L’Anneau d’Or comme on appelait les provinces adjacentes de l’Urb méritait toute l’attention de la république.
La noblesse des Confins, toujours fidèle à la monarchie défunte, tira parti de cette hésitation en s’emparant de la capitale provinciale Talalny poussant ainsi l’Urb devant un dilemme épuisant: Faut-il reprendre le contrôle des Confins ? Les Conservateurs en firent une question de principe et obligèrent les Modernes à voter les crédits pour une intervention armée. Commença alors la guerre de la Dévolution.
II Les forces en présence
La guerre est une chose affreuse avec son lot de misères et de crime. Elle peut être aussi une comédie, une vaste pièce de théâtre où les différents acteurs miment un conflit sans vraiment s’y investir. L’Urb ne pouvait pas ne pas réagir à cette déclaration d’indépendance d’une noblesse fondamentalement opposée au régime républicain qui gouvernait la Grande Nation. Mais elle ne voulait pas s’engager dans une guerre longue et coûteuse dans une province fondamentalement arriérée. Alors, elle monta un petit corps expéditionnaire visant à écraser la noblesse puis imposer une autonomie renforcée des Confins. L’Urb rajouta quelques régiments d’élite, les Joyeux, au gros de son armée composée de régiments d’appelé de faible valeur combative. En face, la noblesse teint la première assemblée des Confins réunissant les factions composant la province.
-La noblesse des Confins.

Elle se compose de douze maisons majeures et d’une centaine de maisons mineures. Elles sont issues de la noblesse de la Margravie, régime politique aristocratique qui fut renversé par la république.
-La fédération des communes qui représente les villages indépendants des Confins situés hors des terres nobiliaires.

-Les sectaires de Dos Carré; ordre militaire anti machine disséminée dans les confins et autres provinces à l’est dans une multitude de commanderies.

La Cinquième Famille, une des factions de GrandBois, fortement implanté dans les Confins.

Les débats furent houleux et une alliance fut formée entre la fédération des communes, huit maisons majeures et la Cinquième famille pour jeter l’Urb de l’autre côté du fleuve.
III La campagne
Un début facile
Le corps expéditionnaire débarqua à Bourg sous les acclamations de la population fidèle à l’Urb. On resta dans l’attente un mois durant protégé par les épaisses fortifications de la cité portuaire. Le commandement était bien embêté car il ne savait pas par où commencer. Talany semblait une cible prioritaire, mais aussi un piège parfait pour les longues colonnes de soldats se déplaçant le long des chemins noueux de la province. Car, et le quartier général de l’Urb n’en avait pas forcément conscience, les réseaux routiers est dans un état déplorable voir même inexistant par endroit. En effet, le moyen de déplacement des marchandises se faisait essentiellement par les entrelacs de rivières qui irriguaient la province et non pas par les routes qui n’existaient que sur de vieilles cartes. Après trois mois de tergiversation, le corps expéditionnaire s’enfonça dans les profondes forêts des Confins en direction du lac de Trita, lac majeur des Confins qui captent la majorité du commerce de la province.

Épuisement dans les forêts primaires
La cohésion de l’armée fut fortement ébranlée par les multiples escarmouches occasionnées par les confédérés. Sans être décisives, ces attaques épuisaient les troupes de l’Urb peu habituées à combattre au milieu d’arbres immenses et d’une nature démesurée. C’est donc une armée épuisée qui se présenta face à la noblesse des Confins au bord du lac de Trita. L’aile droite des confédérés composée principalement de batelier de la cinquième famille et d’hommes libres de la fédération des communes, les communeux, enfonça le centre de l’Urb, brisant les régiments mal entraînés de conscrits. Cependant, les confédérés cédèrent un peu vite à l’euphorie d’une victoire facile et s’écrasèrent sur l’arrière-garde de l’ennemi. Le feu roulant des Joyeux éparpilla leur enthousiasme.

Terribles, les Joyeux se lancèrent à l’assaut de la colline de Falta où se repliaient en désordre les débris de l’aile droite confédérés. La victoire était à la portée de l’Urb, quand une charge furieuse de la noblesse enfonça les lignes des Joyeux obligeant ceux-ci à abandonner la conquête de la colline de Falta. Le corps expéditionnaire se replia en bon ordre, les Joyeux au prix de perte terrible, couvrirent le désengagement des réguliers de l’Urb.
Que faire d’une telle victoire ? Les confédérés n’en savaient rien et, faute d’un commandement uni, ils ne profitèrent pas du repli du corps expéditionnaire. Seules les affidées des communes se lancèrent à la poursuite de l’Urb; ils furent sévèrement étrillés à la bataille de Folkgrave. La défaite du lac de Trita entraîna une crise politique majeure, voyant l’affrontement entre les Conservateurs et les Modernes sur la nécessité de poursuivre l’effort de guerre. Le commandant en chef du corps expéditionnaire, Jules Certis se sentit obligé d’obtenir une victoire symbolique et attaqua la ville de Tehys, l’une des principales dépendances de la Cinquième Famille. La ville tomba en deux jours et fut mise à sac. Cela produisit de grands troubles à GrandBois qui mobilisa des dizaines de milliers de bateliers contre l’Urb en réponse à cette agression insupportable, provoquant une paralysie du commerce et le pillage des cargos dans la baie d’Ivoire. Ce qui devait être une simple opération de police militaire menaçait d’entraîner le continent dans une nouvelle guerre. La réponse des bateliers entraîna une crise de régime et le président du Conseil du suspendre les travaux de l’assemblée pour éviter le début d’une guerre civile. Désormais, il fallait trouver un arrangement avec la noblesse des Confins pour solder ce conflit avant que celui ne dégénère en guerre totale.
Traité de paix et conséquence.
Le traité de paix fut signé à Talalny deux mois après le sac de Tehys par l’Urb. La province fut reconnue comme indépendante et administrée par un conseil réunissant les différentes factions de la province. La ville de Bourg fut détachée de la province et rattachée directement à la république. Le désengagement de l’Urb se poursuivait pour la plus grande satisfaction de ses rivaux historiques.